Dr. Martha Elsie Law, DDS 1896-1989

Présidente de la FCFDU de 1952 à 1955

« À celles d’entre nous qui, au cours des prochaines années, siégeront à l’échelle nationale ou locale, que notre préoccupation première soit de diriger de manière efficace – en ayant un but précis et suscitant des réunions productives ainsi qu’un effectif intellectuellement dynamique. »

 

Martha Elsie Law est une enfant brillante et précoce qui grandit au sein d’un foyer rural égalitaire. Son père est propriétaire de la Law Seed Company, une entreprise familiale prospère de Beeton, en Ontario. L’aîné de la famille lui succèdera, comme le veut la coutume, ce qui laisse à Martha, la troisième de quatre enfants, le loisir de choisir sa voie.

Au terme d’une treizième année à l’école de la ville voisine d’Alliston, elle devient institutrice, comme sa mère avant elle. À la suite du décès de son bien-aimé pendant la Première Guerre mondiale, Martha « décide de poser sa candidature à l’Université de Toronto en médecine dentaire et en comptabilité. Peu après son admission au Collège royal des chirurgiens dentistes de l’Ontario, en 1919, le programme de comptabilité lui offre une place, mais trop tard » (Flaherty, p. 5). Martha est l’une des six femmes d’une cohorte de 320 étudiants que l’on désignera bientôt sous le nom de « Whizz-Bang Class ». Surtout composée d’anciens combattants de la Première Guerre mondiale, il s’agit de la plus grande classe de médecine dentaire jusqu’alors. La guerre accroît l’intérêt porté au domaine de la santé et l’Ontario encourage les jeunes femmes à étudier en médecine dentaire pour les préparer à offrir des activités de santé publique dans les écoles rurales et urbaines. Selon certaines études, les femmes œuvrant dans des professions à prédominance masculine, comme la médecine dentaire, seraient moins susceptibles de se marier. Ce sera le cas pour Martha, qui mènera une vie gratifiante de célibataire et chérira son rôle de « tante Martha ».

Dans un article intitulé « A Real Girl and a Real Dentist: Ontario Women Dental Graduates in the 1920’s », la sociologue Tracey Adams affirme que malgré une prédominance masculine importante en médecine dentaire, les femmes sont suffisamment nombreuses, au début des années 1920, pour ne pas se sentir aussi isolées que celles qui les ont précédées. Elles semblent aussi être davantage encouragées par leurs homologues et professeurs masculins (p. 337). Les diplômées aussi entreprenantes que Martha pourront se construire une brillante carrière dans leur domaine.

Martha obtient son diplôme en 1923. « La terre préserve des perles de grande valeur, tout comme l’océan, et Martha est l’une d’elles » (p. 168), lit-on dans le Torontonensis, l’annuaire des étudiants, où on la voit photographiée en compagnie des membres de l’Anglican Club, dont elle est la secrétaire (p. 328). À l’université, Martha se découvre de nombreux champs d’intérêt; elle devient, entre autres, présidente de la sororité Upsilon Alpha et siège au comité éditorial de l’annuaire des étudiants. Elle se fait de nombreux d’amis, une aptitude qui la suivra tout au long de sa vie.

Peu après sa graduation, la Dre Law entre au service du Département de santé publique de Toronto et est affectée à la clinique d’une école de l’est de Toronto. Lorsque les mères constatent qu’elle est compréhensive, ouverte, réaliste et vive d’esprit, elles ne tardent pas à lui confier de plus en plus de leurs problèmes dentaires. En plus de leur prodiguer conseils, aide et soutien, Martha se garde du temps pour offrir des services dentaires dans un préventorium, une institution pour enfants exposés à la tuberculose.

En 1926, quand son père prend sa retraite, Martha retrouve sa famille qui s’installe à Toronto. Cela lui permet d’explorer d’autres loisirs tels que passer l’été en Europe, la décoration intérieure, le jardinage, le bridge, le golf, la cuisine et surtout l’investissement à la Bourse de Toronto, une activité qui devient son premier amour! Elle s’y consacre avec sérieux tout au long de sa carrière professionnelle et se transforme en une investisseuse sage et stratégique.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, Martha est membre de l’Association des travailleuses communautaires en temps de guerre; elle en assumera la présidence durant trois ans. Au fil du temps, elle devient un pilier de l’Association des anciens étudiants en médecine dentaire, y occupant le poste de vice-présidente et éditrice du magazine mensuel de l’Université de Toronto. La gestion lui va comme un gant.

Martha adhère à l’UWC de Toronto et appuie fermement la FCFDU. Reconnue comme une virtuose de la finance ayant du flair pour les chiffres, elle siège comme trésorière nationale de la FCFDU avant d’en devenir la présidente de 1952 à 1955. Elle est présentée aux membres comme une femme dont « les sages conseils ont réglé plusieurs problèmes et dont la vivacité d’esprit et la gaieté ont ensoleillé bien des salles de conférence » (Flaherty, p. 5). Tout au long de son mandat, elle veille à ce que les finances de la FCFDU soient bien en ordre et tient à l’œil sa santé financière année après année.

La présidence de Martha se distingue à bien des niveaux et marque une grande période de croissance pour la FCFDU. Lors de son élection, durant la triennale qui se tient à Ottawa en 1952, elle expose le programme en cinq points qu’elle prévoit mettre en œuvre : l’ajout de vingt clubs; l’établissement d’un siège social permanent; la mise en place d’une cinquième bourse d’études destinée à la recherche en sciences humaines; des membres mieux informées; et une meilleure reconnaissance des réalisations et du potentiel de la FIFDU (Law, p. 3).

Animée d’une personnalité colorée, d’un enthousiasme sans limites et d’un profond sens des responsabilités, Martha connaît beaucoup de succès dans l’exercice de ses fonctions de présidente : 18 nouveaux clubs sont fondés et l’effectif passe de 1 690 à 7 427 membres. Afin d’améliorer la communication, elle visite chacun des 80 clubs et, trois fois par année, distribue des bulletins d’information à l’ensemble des membres par l’entremise de leur club local. Martha est en avance sur son temps pour sa vision d’un siège social national permanent puisque celui-ci ne sera établi qu’en 1985. Elle supervise la création de deux nouvelles bourses de recherche : l’une, en 1953, de 1?200 dollars, nommée en l’honneur de la première présidente de la FCFDU, Margaret McWilliams, Ph. D.; et l’autre, en 1955, d’une valeur de 1?500 dollars, du nom de A. Vibert Douglas, Ph. D, la première Canadienne élue présidente de la FIFDU (Law, CFUW History). L’importance qu’elle accorde à la FIFDU donne lieu à une imposante délégation canadienne de 42 membres (News Letter, p. 3) à la triennale de la FIFDU de 1953 à Londres. Ses efforts mènent également au plus haut taux de contribution par personne – par rapport à toutes les autres organisations nationales de la FIFDU – au fonds d’aide consacré aux membres déplacées du fait de la guerre en Europe. La médaille du couronnement ainsi que deux billets pour assister au couronnement d’Elizabeth II lui sont remis, au nom de la FCFDU, en juin 1953.

À la dernière année de son mandat de présidente de la FCFDU, Martha préside la 13e triennale, à Edmonton, dont le thème est : « Constantes et variables – Notre société changeante ». Au moment de céder son poste, Martha exprime sa conviction profonde que les membres de la FCFDU forment un groupe uni capable d’atteindre un haut niveau d’efficacité :

Gardons sincèrement espoir que les… organisations membres de la FCFDU; les diplômées de tous âges, professions et postes, distinguées et prospères ainsi que nos épouses diplômées qui sont le pilier fondamental de la société, puissent continuer à avancer en tant que Fédération ayant toujours à l’esprit les raisons pour lesquelles elle a été fondée, pour nous-mêmes et particulièrement pour le bien d’autrui à travers le monde (Law, The Chronicle, 1953-1954, p. 3).

Le rôle qu’elle a joué au sein de la FCFDU est pour Martha une expérience inoubliable, physiquement exténuante, mais gratifiante.

Dans les années qui suivent, d’autres organismes tels que la Société biblique canadienne et le Granite Club de Toronto bénéficient des connaissances financières et de l’appui de cette dame intelligente et dynamique. À l’âge de 93 ans, Martha est emportée par une insuffisance cardiaque congestive dans sa résidence de Toronto. Elle est inhumée dans le lot familial des Law au cimetière de la Trinity United Church, à Beeton en Ontario. Un article commémoratif de la FCFDU souligne le succès de son programme en cinq points et reconnaît que « le mandat de la Dre Law en tant que présidente de la FCFDU correspond à une période de grande croissance pour notre organisation. Nous sommes profondément attristées par son décès » (The Journal, p. 25).

Dr. Martha Elsie Law, DDS

Ouvrages cités

Adams, Tracey L. “ ‘A Real Girl and a Real Dentist’: Ontario Women Dental Graduates of the 1920s.” Historical Studies in Education 16.2 (2004): 315-338. Print.

Flaherty, Dorothy Rhodes. “About Our President.” The Chronicle. 1952-1953: 5. Print.

”In Memory of Dr. Law.” The Journal 1989: 25. Print.

Law, Martha. “The President’s Message.” The Chronicle 1952-1953: 3. Print.

---. “The President’s Message.” The Chronicle 1953-1954: 3. Print.

---. “The President’s Message.” The Chronicle. 1954-1955: 3. Print.

Law, Martha E., President. “Canadian Federation of University Women 1952-1955.” 2 pages. Unpublished TS. n.d. CFUW Archives. Print.

“Martha Law.” Torontonensis. 1923: 168. Print.

News Letter 1 (September 1953): 3. Print.

Ouvrages consultés

“Dr. Martha Law.” Journal of the Ontario Dental Association 22 (1947): 560. Print.

“Martha Law.” Obituary Globe and Mail 29 Jul.1989. Print.

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