Laila Cordelia Scott 1885-1959

Présidente de la FCFDU de 1928 à 1931

“Nous, les Canadiennes, sommes souvent trop conventionnelles et trop conservatrices en matière d’idées. Nous nous satisfaisons trop des choses telles qu’elles sont. Si ce n’était pas le cas, davantage de femmes participeraient à la vie publique.”

 

Laila Cordelia Scott, qui défendra sans relâche l’UWC de Toronto, la FCFDU et la FIFDU, voit le jour à Oshawa, en Ontario, en 1885. Elle termine ses études secondaires en 1902 et entre au Trinity College de l’Université de Toronto, où elle obtient un baccalauréat spécialisé en langues modernes (avec haute distinction) en 1905, puis une maîtrise en allemand deux ans plus tard (« Individual Biographies »).

Son immense attention aux détails faisant d’elle une érudite née, Laila souhaite poursuivre des études supérieures en Europe. Pour amasser les fonds nécessaires, elle enseigne quelques années dans des écoles privées d’Albany, dans l’État de New York, et de Toronto (St. Clement’s). Elle étudie en Allemagne durant deux ans et il semble que l’imminence de la Seconde Guerre mondiale précipite son retour au Canada. En 1917, elle est maître de conférences en langue et littérature allemande au Trinity College; elle devient professeure agrégée en 1924 et conserve ce poste jusqu’en 1949. Elle développe une connaissance approfondie de la littérature allemande du XIXe siècle et de son contexte social. Elle enseigne aussi en français un moment. Tout au long de sa carrière, elle est reconnue pour sa rigueur et son souci du détail, des qualités qu’elle investit aussi dans ses activités de bénévolat. Dans les cercles universitaires, elle est vue comme une personne méthodique, déterminée et indépendante. En dehors du campus, Laila partage son enthousiasme pour la littérature allemande en s’impliquant dans la division de Toronto de l’Institut Goethe; elle en est la secrétaire de 1951 à 1955, une fois retraitée du Trinity College.

De 1923 jusqu’à sa mort en 1959, elle siège au conseil du St. Hilda’s College, un collège pour femmes affilié au Trinity College de l’Université de Toronto, occupant presque continuellement les postes de secrétaire-trésorière et de vice-présidente. Elle possède une vaste connaissance de l’histoire et des traditions du St. Hilda’s College et consacre ses habiletés et son énergie à en promouvoir l’amélioration. Sa santé défaillante l’empêche d’en devenir présidente en 1958.

Pendant l’essentiel de sa vie adulte, Laila est une membre indispensable de l’UWC de Toronto, créée en avril 1903 sous le nom de University Women’s Association. D’abord secrétaire correspondante, elle en deviendra présidente. Elle est présente à la réunion de fondation, quand 24 jeunes diplômées de 7 universités se réunissent au University College de l’Université de Toronto pour discuter de créer une fédération d’anciennes, qui serait ouverte à toutes les femmes diplômées habitant à Toronto et aurait pour objectif d’être utile à la communauté. L’UWC de Toronto s’associe au Conseil local des femmes en 1910 et met en place un comité pour le mieux-être physique l’année suivante, puis unit ses forces à celles du Conseil local des femmes et de la Toronto Suffrage Association pour garantir l’élection d’un bon candidat au conseil scolaire (Foster). Mais Laila imagine aussi un regroupement national des diplômées universitaires.

En mars 1919, au terme de sa première année d’enseignement, Laila et trois autres diplômées se rencontrent à Toronto pour discuter de la mise en place d’un organisme national de femmes universitaires. Elle est également présente à la rencontre d’août 1919, à Winnipeg, lorsque six UWC – Edmonton, Ottawa, Regina, Toronto, Victoria et Winnipeg – et l’Alumnae Society of McGill (comme on l’appelle alors) fondent la nouvelle FCFDU, dont les objectifs initiaux sont d’examiner des questions sociales et économiques ainsi que des problèmes éducatifs. Laila est d’abord vice-présidente, de 1926 à 1928, puis elle devient la 4e présidente de la FCFDU, servant de 1928 à 1931. Durant son mandat de présidente, elle visite 21 des 26 clubs de la FCFDU pour parler des objectifs et du travail de la FCFDU et de la FIFDU. Ses voyages à travers le Canada lui donnent un aperçu de l’esprit de clocher qui règne souvent dans la société canadienne. « Quand on prend connaissance des problèmes auxquels sont confrontées les diverses provinces de ce Dominion, on s’émerveille que la Confédération demeure une réalité », dit-elle (« President’s Address », p. 12).

Favoriser les possibilités éducatives pour les étudiants de toutes les couches de la société est l’une des causes qui lui tient à cœur et elle instille une volonté constante à recueillir des fonds spéciaux destinés à octroyer des bourses d’études aux cycles supérieurs. Dans sa première communication écrite aux membres, elle encourage les clubs locaux à soutenir l’éducation au sein de leur propre communauté. Elle se préoccupe des étudiants disposant des capacités nécessaires, mais ayant besoin d’aide financière. Elle aborde aussi les questions du chômage chez les femmes universitaires et des difficultés à trouver un emploi pour lequel elles sont le mieux formées. Elle recommande, par exemple, de nommer des femmes doyennes d’écoles secondaires « en raison du déclin de l’influence de la famille » car même si les filles sont en général plus nombreuses que les garçons, les enseignants masculins sont deux fois plus nombreux que féminins (Scott, « Foreword », p. 12).

Lors de son allocution de présidente sortante à la cinquième triennale, à Ottawa en 1931, Laila encourage les femmes diplômées à s’intéresser davantage aux affaires publiques. « Bien entendu, nous ne devons pas exprimer nos opinions trop rapidement ou à la légère, mais je crois que nous sommes souvent trop indolentes ou trop indifférentes pour avoir une opinion à exprimer ou à réprimer » (Scott, « President’s Address », p. 13).

Laila est une fervente partisane de la FIFDU. Martha Law, Ph. D., présidente de la FCFDU de 1952 à 1955, écrira :

Très peu de diplômées canadiennes, s’il y en a, ont davantage contribué qu’elle à la Fédération internationale des femmes diplômées des universités. De ses débuts jusqu’à son décès, Mme Scott a assisté à des congrès et siégé à des comités; en 1947, lors du premier congrès d’après-guerre tenu à l’Université de Toronto, elle est secrétaire adjointe, s’acquittant de ses tâches avec dignité, rapidité et une rare habileté. Ceux qui l’ont connue se souviendront d’une personne courageuse, intelligente, distinguée, d’une grande intégrité intellectuelle, d’une amie loyale et d’une grande dame » (Law, p. 13).

Lors de sa première allocution à titre de présidente de la FCFDU, elle évoque la FIFDU en ces termes : « Je me demande parfois si les femmes universitaires réalisent à quel point, en rendant possible la mise en place d’une fédération internationale, elles favorisent les intérêts des femmes d’autres pays et contribuent réellement au bien-être de notre “vaste voisinage”, comme Bernard Shaw désigne le monde civilisé d’aujourd’hui » (« Foreword », p. 10).

On sollicite souvent son avis au club de Toronto, où elle est perçue comme une sage conseillère et une femme intègre et intelligente au jugement clair et réfléchi. Après son décès, qui survient à Toronto le 13 octobre 1959, le club de Toronto crée la Bourse commémorative Laila C. Scott, d’une valeur de 200 dollars, à l’intention d’une étudiante de deuxième année en langues modernes (en allemand de préférence) à l’Université de Toronto, pour ses connaissances générales. Majorée à 400 dollars en 1964, cette bourse, qui est toujours décernée, est gérée par le Département de langue et littérature allemande. L’appui de Laila C. Scott à l’éducation des femmes se poursuit donc de nos jours.

Laila Cordelia Scott

Ouvrages cités

Coates, Claire and Janet Berton, eds. ”Miss Laila C. Scott. CFUW President 1928-31.” Sixty Years of CFUW/Soixante Ans de FCFDU Calendar/ Calendrier/1980. Canadian Federation of University Women, 1979. 28. Print.

Foster, Mrs. A. The First 50 Years. Toronto: Hunter Rose Co. Ltd., 1953. Print.

“Individual Biographies.” Torontonensis 7 (1905): 153. Print.

Law, Martha. “In Memoriam.” The Chronicle. 1960-1961: 13. Print.

Scott, Laila. “Foreword.” Chronicle. 1928: 9-12. Print.

---. “President’s Address.” Chronicle. 1931: 11-14. Print.

Ouvrages consultés

CFUW, comp. “History of the Canadian Federation of University Women. 1928-1931 Miss Laila Scott, President.” Chronicle 1949-1950: 66-67. Print.

Joyce, Douglas. Telephone interview by Gail Crawford. n.d.

Trinity College, University of Toronto. “Meeting of the Corporation. 19 Nov. 1959.” Trinity College Archival material. n.pag.

Tugman, Betty. Telephone interview by Gail Crawford. n.d.

University of Toronto Archives.

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